Egorgeuse de réputations, serial killeuse de carrières, Doris Wallis promène sa plume assassine dans la presse people anglaise, drapée dans un esprit de répartie qui fait les personnages de théâtre inoubliables, et régnant sans ambage sur une cour de quatre personnages aussi serviles que drôles. Comédie à suspense, anglaise, contemporaine, déjantée et redoutablement bien construite, [...]
Daris Dorling
- 12 octobre 2012
- Théâtre du petit Saint Martin - Paris
Pour un oui ou pour un non
- Du 27 juillet 2010 au 15 septembre 2010
- Théâtre le Lucernaire - Paris
Dans un face à face où les mots sont à la fois faits de tension et de finesse et qui met aux prises les comédiens, Jacques Brücher et Yedwart Ingey, René Loyon propose une mise en scène simple et efficace donnant toute la mesure au talent poétique et théâtral de Nathalie Sarraute.
H1 et H2 sont nez à nez au détour d’un mot, d’un silence, d’un souvenir, d’un non-dit. Incarnés par Jacques Brücher et Yedwart Ingey, H2 reproche à H1 un « C’est bien… ça » qui aurait été dit de façon maladroite avec un silence un peu trop pesant. Explication, obsession autour d’une phrase qui amène les deux personnages à se dire ce qu’il n’aurait peut être jamais dû se dire.
Dans la jungle des villes
- Du 4 mai 2012 au 7 juin 2012
- Théâtre de la Colline - Paris
La mise en scène de Roger Vontobel transpose et adapte la pièce de Brecht dans une modernité rayonnante. A travers chants, musique et vidéo, la fable de Brecht recouvre une identité très contemporaine, le tout servi avec talent par les comédiens.
La scénographie laisse apparaître un salon composé d’un long canapé d’angle en face d’un espace mural assorti de points lumineux représentant la ville et son fourmillement. La pièce démarre par une vidéo dans laquelle George Garga (Clément Bresson), vendeur dans une vidéothèque, s’ennuie jusqu’à l’arrivée de Schlink (Arthur Igual). Sa vie bascule. C’est une lutte entre Schlink, l’oppresseur, castrateur de liberté et George Garga jaloux de sa liberté.
The suit
- Du 3 avril 2012 au 5 mai 2012
- Théâtre des Bouffes du Nord - Paris
La très belle mise en scène de Peter Brook met en lumière « The suit » dans l’amour, la fête, le drame et la trahison et ce dans une scénographie sobre et dépouillée où le comique de situation laisse place à un jeu fait de subtilité. La fable théâtrale devient un conte nourri généreusement par le talent [...]
Les autonautes de la cosmoroute
- Du 21 mars 2012 au 19 avril 2012
- Théâtre de la Colline - Paris
Dans une mise en scène où le mode narratif bouscule et empiète sur l’action théâtrale, les comédiens déploient un jeu de qualité homogène dans une relation au texte un peu trop proche. Thomas Quillardet décline une mise en scène qui essaie de prendre le spectateur à rebrousse-poil mais sans pour autant y réussir.
« Avec ma femme, Carol Dunlop, également écrivain, nous envisageons une « expédition » un peu folle et pas mal surréaliste, qui consisterait à parcourir l’autoroute entre Paris et Marseille… en nous arrêtant sur les 65 parkings de l’autoroute à raison de 2 par jour ». L’idée et le thème sont lancés. A travers leur œuvre, Cortazar et Dunlop revisitent l’autoroute telle des explorateurs à la recherche d’aventures routières au travers d’un regard décalé.
Die Sonne
- Du 7 mars 2012 au 14 mars 2012
- Théâtre de l'Odéon - Paris
Dans une belle scénographie mettant en perspective l’univers théâtral, les comédiens déploient un jeu de très belle composition avec Uli Kirsch, dans le rôle d’Axel, superbe dans son personnage. La mise en scène de Py laisse place à un jeu fait de mouvement et d’énergie dans des séquences de jeu remarquablement orchestrés.
Dès la première scène, le rideau laisse place à un lit dans lequel Axel dort. Axel, en la personne d’Uli Kirsch, est cet homme qui est entré dans une troupe de théâtre presque familiale composée, en partie, d’un fils et de sa mère pour y apporter toute la fougue et toute l’énergie parfois irraisonnée de la jeunesse. Le jeu d’Uli Kirsch est splendide dans son intensité, dans sa force voire dans ses tours de force.
La scène laisse apparaître un théâtre de briques de couleur marron d’un étage. A l’intérieur, les coulisses apparaissent avec toute une loge, un grand cheval noir, un piano et son pianiste. Qu’est-ce que le théâtre ? Quel est le but du théâtre ? La pièce de Py traite du théâtre par l’entremise de cette troupe de comédiens bousculé par cet acteur qui mord les oreilles du metteur en scène. La scénographie change de plan au fil des scènes, laissant apparaître sous toutes ses facettes l’univers théâtral, les coulisses laissent place aux loges qui laissent place à des décors, le tout entraîné par une musique au piano. Les séquences de jeu sont remarquablement bien orchestrées.
Salle d’attente
- Du 7 janvier 2012 au 4 février 2012
- Théâtre de la Colline - Paris
Dans la mise en scène de Krystian Lupa conjuguant la violence du désespoir avec une belle poésie scénographique, les comédiens déploient un jeu de qualité fait de truculence où la marginalité est visitée crûment dans sa nudité.
Un hangar nettoyé de graffitis et d’inscriptions, une table au milieu et deux personnages plongent dans les tourments de la drogue une aiguille à la main. Plus loin, des toilettes sales avec graffitis et salissures habillent les murs et deux autres personnages plongent dans les mêmes tourments de la drogue avec le même procédé.
La scénographie et l’atmosphère sont plantées, une atmosphère faite à la fois de tension et de violence, de peur et de rage. Les paradis artificiels ne sont jamais très loin du gouffre, un gouffre mis en lumière par Krystian Lupa dans une superbe scénographie. Lupa, au carrefour de la drogue et du désespoir, présente le monde de la marginalité dans une mise en scène crue dans son approche mêlant la vidéo et le jeu scénique. Au-dessus de la scène, deux écrans projettent ce qui se déroule sur scène, ou dans un autre lieu à un autre moment, par le(s) même(s) personnage(s). Cette superposition donne un regard décalé, complémentaire voire plus insistant au déroulé scénique. Ce rapport décalé donne une consistance, une épaisseur supplémentaire à la scène.
Récital emphatique
- Du 20 décembre 2011 au 29 décembre 2011
- Théâtre des Bouffes du Nord - Paris
Michel Fau, dans l’incarnation d’une diva, déploie un jeu de grande qualité avec un registre vocal et théâtral de belle composition. Incarnant une diva imbue de sa personne, il joue, avec talent et maîtrise, de cette suffisance.
Un monologue, qui plus est, un récital est un exercice difficile. Michel Fau, en incarnant une diva « emphatique », fait le tour de force de planter un personnage vrai par le biais d’un prisme décalé. Vrai dans le jeu, vrai dans le talent mis par Michel Fau de vivre son personnage, vrai dans le personnage lui-même. Décalé de par le personnage de la diva, une diva imbue de sa personne et débordant de suffisance dans un rapport au talent inexistant. Le jeu en devient drôle, comique. Michel Fau arrive avec habilité et intelligence à déployer un jeu de très belle composition où sous les dehors ridiculement boursouflés d’un vrai faux talent, la diva en devient un sujet comique.
Le chagrin des Ogres
- Du 6 octobre 2011 au 15 octobre 2011
- Ateliers Berthier - Paris
Dans un très beau spectacle mêlant une scénographie découpant la scène en trois atmosphères différentes, la mise en scène, portée par un jeu superbe des comédiens, décline un visage à la fois cruel et tendre de l’enfance.
Elle est là, seule sur scène, habillée de blanc telle une petite princesse. Se balançant sur une balançoire en bois, elle raconte «… retenez que tout est réel… tout est réinventé… tout ce qui peut être imaginé est réel… ». Les premiers mots plantent le décor, la voix de cette enfant, superbement interprété par Emilie Hermans, sonnent comme des grelots. Elle incarne avec talent une enfance ballottée entre une naïveté à fleur de peau et une maturité non timorée. Superbe de présence, Emilie Hermans incarne avec élégance, force et légèreté une enfance en proie aux rêves et à une hargne nourrie de repli et de refus de l’Autre.
Du vent dans les branches de sassafras
- Du 9 septembre 2011 au 19 novembre 2011
- Théâtre le Ranelagh - Paris
Dans le spectacle de Obaldia, le metteur en scène Thomas le Douarec a opté pour une approche humoristique assez marquée dans un texte qui n’en manquait pas. Malgré la qualité de jeu des comédiens, la mise en scène a opté pour certaines facilités.
Le théâtre le Ranelagh ouvre un festival Obaldia en hommage au grand dramaturge qui fête ses 92 ans cette année. « Du vent dans les branches de Sassafras » se passe aux Etats Unis, dans la famille Rockfeller autour d’un père fauché, d’une mère soumise, d’un fils et d’une fille marqués par un fort poids névrotique et dans la boule de cristal de madame Rockfeller qui voit le retour du terrible chef comanche Œil de Perdrix menaçant la famille.