Jan Fabre, dans une superbe chorégraphie mêlant vision apocalyptique, pulsions de vie, de mort et tentations lubriques revisite les bas-fonds de notre condition humaine par un esthétisme griffé de haute poésie.
Jan Fabre, plasticien, chorégraphe flamand, fait partie de ses artistes que l’on pourrait dire inclassables. Mêlant théâtre et danse, il incarne une génération de créateurs dont le corps ne saurait se suffire à lui-même s’il n’est pas habité de torsions, de déréliction, de violence. Il se fait connaitre par un spectacle, une bombe dans le domaine de la danse en 1982 intitulé « C’est du théâtre comme il était espérer et à prévoir ». Là, dans Promotheus-Landscape II, il mêle avec brio une partition où lumières, corps et voix se donnent de superbes réparties dans une mise en espace des plus abouties. Ce qui fait la force du spectacle est cette oscillation constante entre fixité et mouvement, le corps plongé dans un perpétuel mouvement tout en étant prisonnier de ses propres pulsions. L’enfermement et le lâcher prise sont constants tout au long du spectacle avec des partitions où la violence morale et physique imprègnent les corps.