• En Janvier 2012

Oedipe

  • Du 18 janvier 2012 au 4 mars 2012
  • Théâtre Lucernaire - Paris

La mise en scène de Jean-Claude Seguin donne une belle allure au texte de Voltaire qui est joué avec talent par les comédiens. L’élocution, déclamée élégamment, et les alexandrins sont bien ciselés dans une scénographie belle et dépouillée pour laisser place, dans un voile de fumée avec des arrières fond sonores, au mystère du mythe oedipien.

La scénographie laisse apparaître un filet de fumée où se perdent une poubelle, un caisson et une lourde branche d’arbre qui s’appuie sur la scène. La première tragédie de Voltaire, écrite à 19 ans, mise en scène par Jean-Claude Seguin voit apparaître sur scène Philoctète, prince d’Eubée, et Dimas son ami, l’un en face de l’autre. La pièce de Voltaire porte une touche différente de celle de Sophocle avec un focus sur l’amour de Philoctète pour Jocaste et des entrées de nouveaux personnages tels que Phorbas, l’ancien conseiller de Laïos ou encore Dimas. La pièce a eu un beau succès à son époque (1718) et la Comédie Française en avait même proposé une parodie burlesque avec « Œdipe travesti » (1719).

La Dame aux camélias

  • Du 7 janvier 2012 au 4 février 2012
  • Théâtre de l'Odéon - Paris

Dans une très belle mise et une jolie scénographie, les comédiens déploient un jeu truculent et corporel de toute beauté dans une « Dame aux camélias » revisitée. Le texte de Dumas rejoint ceux de Heiner Muller et Georges Bataille où Frank Castorf met en scène les thèmes intemporels du sexe, de l’amour et de l’argent.

Le rideau découvre un intérieur avec une cuisine côté cour, un cabinet de toilette côté jardin et une chambre au milieu. Au-dessus, un poulailler dans laquelle Claire Sermonne dans le rôle de Marguerite Gautier s’épanche. Les pulsions, autant sexuelles qu’organiques, au travers du lit et du cabinet de toilette, en font foi. La mesure est donnée dès le début avec un jeu remarquable des comédiens autant dans l’aspect corporel que vocal. Les corps, les voix, l’élocution, les émotions, les sentiments, tout est à fleur de peau, et ce dans la violence pulsionnelle de réactions parfois abruptes. Les comédiens sont superbes dans des répliques déclamées, des propos hurlés, des cris jetés ou dans des émotions plus sereines ou plus émotives. Le corps est central. Ici, on se bouscule, on s’empoigne, on hurle, on crie, on chante, on plaint et on pleure.

La curva

  • Du 12 janvier 2012 au 17 janvier 2012
  • Théâtre de la Ville - Paris

Dans une chorégraphie mêlant théâtre, humour, palmas, chant et Flamenco, Israel Galvan redéfinit les contours artistiques du Flamenco en adoptant une approche audacieuse dans les attitudes et les taconéos.

Israël Galvan décline avec audace et allure sa prestation scénique dans son dernier spectacle « La curva ». Il n’est pas à son premier coup d’essai. Tout est dit dans le titre. Entouré de Bobole aux Palmas, Inès Bacan au chant et Sylvie Courvoisier au piano, il incarne une figure flamenca faite de fluidité dans les attitudes, de gestes courbes dans les mouvements.

Salle d’attente

  • Du 7 janvier 2012 au 4 février 2012
  • Théâtre de la Colline - Paris

Dans la mise en scène de Krystian Lupa conjuguant la violence du désespoir avec une belle poésie scénographique, les comédiens déploient un jeu de qualité fait de truculence où la marginalité est visitée crûment dans sa nudité.

Un hangar nettoyé de graffitis et d’inscriptions, une table au milieu et deux personnages plongent dans les tourments de la drogue une aiguille à la main. Plus loin, des toilettes sales avec graffitis et salissures habillent les murs et deux autres personnages plongent dans les mêmes tourments de la drogue avec le même procédé.

La scénographie et l’atmosphère sont plantées, une atmosphère faite à la fois de tension et de violence, de peur et de rage. Les paradis artificiels ne sont jamais très loin du gouffre, un gouffre mis en lumière par Krystian Lupa dans une superbe scénographie. Lupa, au carrefour de la drogue et du désespoir, présente le monde de la marginalité dans une mise en scène crue dans son approche mêlant la vidéo et le jeu scénique. Au-dessus de la scène, deux écrans projettent ce qui se déroule sur scène, ou dans un autre lieu à un autre moment, par le(s) même(s) personnage(s). Cette superposition donne un regard décalé, complémentaire voire plus insistant au déroulé scénique. Ce rapport décalé donne une consistance, une épaisseur supplémentaire à la scène.

Exposition universelle

  • Du 4 janvier 2012 au 10 janvier 2012
  • Théâtre des abbesses - Paris

Dans une scénographie où Rachid Ouramdane déploie différents registres de danse et de tempo comme à la recherche identitaire d’un corps et d’un espace, le danseur, par le biais de sonorités musicales, bâtit toute une mosaïque artistique. Avec le silence et la mesure comme écho.

Dès le début du spectacle, un métronome donne les premières mesures. Au milieu de la scène, un long tube métallique noir d’allure courbe tourne. Côté cour, une statue noire, debout sur une petite estrade, tournoie. Puis, la tête s’incline, le torse respire, les jambes bougent. Rachid Ouramdane, teint en noir, descend sur scène. Le son, le tempo et le silence cohabitent. La statue devenant humaine, la musique par le biais de quelques notes de piano donnent écho au métronome. Rachid Ouramdane danse les premières mesures par des mouvements de bras, précis et vigoureux. Le torse, droit, immobile, donne un sentiment de force et de fluidité aux mouvements. Tout est ordonné, précis, symétrique.

Ballet Igor Moïsseïev

  • Du 20 décembre 2011 au 1 janvier 2012
  • Palais des congrès de Paris - Paris

Le ballet Igor Moïsseïev présente de superbes chorégraphies griffées d’énergie. Bien que son créateur soit mort en 2007, le ballet, toujours aussi vivant et présent dans le monde, donne un kaléidoscope superbe des danses de Russie ou d’autres régions du monde dans un rapport aux folklores respectueux de ses traditions.

Le spectacle démarre sur scène par une scénographie de 2 cercles composés séparément de danseuses et de danseurs. Au milieu, un couple d’amoureux. Les premiers pas de danses, fait de chassés et de pas de danse énergiques entre les amoureux donnent la mesure. Derrière, les cercles tournoient, s’imbriquent, se séparent, virevoltent. Le couple est comme épris de liberté, et les danseurs, danseuses semblent représenter les tourments joyeux de l’amour.

L’école des femmes

  • Du 19 novembre 2011 au 6 janvier 2012
  • Théâtre de la Comédie-Française - Paris

Dans une mise en scène où la parole est soutenue en arrière-plan par le geste, Jacques Lassalle propose deux segments de jeu distincts pour traduire scéniquement Molière. Le jeu des comédiens fait la part belle aux mots.

Le rideau se lève sur un décor dessiné sur une toile. Décor plat devant lequel toutes les scènes de dialogues sont effectuées. En arrière-plan de celui-ci, une autre scénographie, en relief, laisse place à une maison à étage bordée d’une étendue d’eau. Toutes les scènes d’actions sont effectuées dans ce décor fait de matière cartonnée. La scénographie ainsi que les costumes respectent l’époque de Molière dans laquelle l’histoire se déroule, une histoire où le rapport homme/femme est mis à rude épreuve par la phallocratie d’Arnolphe.