• Le 8 Janvier 2012

La Dame aux camélias

  • Du 7 janvier 2012 au 4 février 2012
  • Théâtre de l'Odéon - Paris

Dans une très belle mise et une jolie scénographie, les comédiens déploient un jeu truculent et corporel de toute beauté dans une « Dame aux camélias » revisitée. Le texte de Dumas rejoint ceux de Heiner Muller et Georges Bataille où Frank Castorf met en scène les thèmes intemporels du sexe, de l’amour et de l’argent.

Le rideau découvre un intérieur avec une cuisine côté cour, un cabinet de toilette côté jardin et une chambre au milieu. Au-dessus, un poulailler dans laquelle Claire Sermonne dans le rôle de Marguerite Gautier s’épanche. Les pulsions, autant sexuelles qu’organiques, au travers du lit et du cabinet de toilette, en font foi. La mesure est donnée dès le début avec un jeu remarquable des comédiens autant dans l’aspect corporel que vocal. Les corps, les voix, l’élocution, les émotions, les sentiments, tout est à fleur de peau, et ce dans la violence pulsionnelle de réactions parfois abruptes. Les comédiens sont superbes dans des répliques déclamées, des propos hurlés, des cris jetés ou dans des émotions plus sereines ou plus émotives. Le corps est central. Ici, on se bouscule, on s’empoigne, on hurle, on crie, on chante, on plaint et on pleure.

Salle d’attente

  • Du 7 janvier 2012 au 4 février 2012
  • Théâtre de la Colline - Paris

Dans la mise en scène de Krystian Lupa conjuguant la violence du désespoir avec une belle poésie scénographique, les comédiens déploient un jeu de qualité fait de truculence où la marginalité est visitée crûment dans sa nudité.

Un hangar nettoyé de graffitis et d’inscriptions, une table au milieu et deux personnages plongent dans les tourments de la drogue une aiguille à la main. Plus loin, des toilettes sales avec graffitis et salissures habillent les murs et deux autres personnages plongent dans les mêmes tourments de la drogue avec le même procédé.

La scénographie et l’atmosphère sont plantées, une atmosphère faite à la fois de tension et de violence, de peur et de rage. Les paradis artificiels ne sont jamais très loin du gouffre, un gouffre mis en lumière par Krystian Lupa dans une superbe scénographie. Lupa, au carrefour de la drogue et du désespoir, présente le monde de la marginalité dans une mise en scène crue dans son approche mêlant la vidéo et le jeu scénique. Au-dessus de la scène, deux écrans projettent ce qui se déroule sur scène, ou dans un autre lieu à un autre moment, par le(s) même(s) personnage(s). Cette superposition donne un regard décalé, complémentaire voire plus insistant au déroulé scénique. Ce rapport décalé donne une consistance, une épaisseur supplémentaire à la scène.

Exposition universelle

  • Du 4 janvier 2012 au 10 janvier 2012
  • Théâtre des abbesses - Paris

Dans une scénographie où Rachid Ouramdane déploie différents registres de danse et de tempo comme à la recherche identitaire d’un corps et d’un espace, le danseur, par le biais de sonorités musicales, bâtit toute une mosaïque artistique. Avec le silence et la mesure comme écho.

Dès le début du spectacle, un métronome donne les premières mesures. Au milieu de la scène, un long tube métallique noir d’allure courbe tourne. Côté cour, une statue noire, debout sur une petite estrade, tournoie. Puis, la tête s’incline, le torse respire, les jambes bougent. Rachid Ouramdane, teint en noir, descend sur scène. Le son, le tempo et le silence cohabitent. La statue devenant humaine, la musique par le biais de quelques notes de piano donnent écho au métronome. Rachid Ouramdane danse les premières mesures par des mouvements de bras, précis et vigoureux. Le torse, droit, immobile, donne un sentiment de force et de fluidité aux mouvements. Tout est ordonné, précis, symétrique.