• En Février 2012

Les amoureux

  • Du 29 février 2012 au 31 mai 2012
  • Aktéon théâtre - Paris

Une jeune troupe, fraîche et talentueuse, déploie un jeu de très belle qualité dans la pièce de Goldoni. La Commedia dell’arte a fait quelques peu ses malles sur les costumes mais a gardé tout son rythme et son jeu corporel dans une mise en scène où le comique déploie ses gammes. C’est un Goldoni bousculé mais au combien respecté.

Le spectacle démarre sur les chapeaux de roue. Dès les premières répliques, les comédiens incarnent avec dynamisme et entrain leurs rôles dans une pièce, au demeurant fort comique, de Goldoni. Le comique est serti dans la trame et dans la mise en scène de Julien Delbès. L’histoire est entre Eugénie et Fulgence qui veulent se marier mais leurs relations, faites de soubresauts et de disputes jalouses, devient un handicap à leur amour. De natures très égocentriques, chacun devient source de suspicion et de disputes de l’autre.

9e festival des Arts Burlesques

  • Du 19 février 2012 au 25 février 2012
  • - Saint Etienne

Le festival des Arts Burlesques, pour sa neuvième édition, se déroule du 19 au 25 février à Saint-Etienne. Dans 10 lieux différents et autour de 90 artistes, Saint-Etienne se retrouve capitale du rire. Avec la cité du Design et du superbe musée Le Corbusier situé à Firminy où Le Corbusier a fait de superbes constructions sportives, sociales ou liturgique, la culture embrasse le rire pendant ce festival sous les bons auspices de Michel Mazziotta. Personnage détonnant, Michel Mazziotta incarne un souffle frais et très revigorant de l’Art Burlesque. Autour, entre autres, de François Xavier Demaison, d’Anne Roumanoff, de Gaspard Proust, de Kev Adams, de Biyouna, d’Ary Abittan, de Jérôme Commandeur et de Virginie Hocq, Michel Mazziotta a su imprimer de très belle manière une marque intelligente à ce festival qui attire tout le gratin de l’humour français et francophone, et ce chaque année, pour nous embarquer dans l’univers parfois provocant, souvent décalé mais toujours espiègle du comique et du burlesque.

Prométhée enchaîné

  • Du 14 février 2012 au 19 février 2012
  • Théâtre de l'Odéon - Paris

Py, dans une jolie traduction poétique d’Eschyle, décline une mise en scène où le jeu vocal et corporel des comédiens est de grande qualité. Le metteur en scène donne une direction politique à la pièce d’Eschyle en la revisitant sous le prisme de notre actualité.

Py remet cela. Il avait déjà monté une trilogie d’Eschyle en 2011 et depuis 5 ans, les pièces du tragique grec montent sur les planches de l’Odéon… vaste projet que celui de faire revivre sous les lambris d’un théâtre moderne les voix fugaces et profondes de nos aïeuls. On sait peu de chose sur le jeu grec, du moins sur celui du chœur qui reste encore une énigme. Eschyle a été le premier tragique grec à avoir composé des pièces en intégrant un deuxième personnage. Sophocle l’a accompagné d’un troisième personnage. On est aux origines du théâtre que Py habille de modernité dans la scénographie et les costumes, et dans le verbe eschylien, fait de jolies envolées lyriques et de répliques aux sons poétiques. L’histoire de Prométhée est ce titan qui a trompé Zeus par deux fois. Lors du partage de Mékoné, Prométhée était en charge de découper un bœuf à part égal entre dieux et humains et trompe Zeus qui choisit une part recouverte de graisse et d’os. Zeus se venge en refusant le feu aux hommes que Prométhée vole pour le donner aux humains. Zeus le punit en l’enchaînant sur un rocher, le foie offert à un aigle.

Oedipe

  • Du 18 janvier 2012 au 4 mars 2012
  • Théâtre Lucernaire - Paris

La mise en scène de Jean-Claude Seguin donne une belle allure au texte de Voltaire qui est joué avec talent par les comédiens. L’élocution, déclamée élégamment, et les alexandrins sont bien ciselés dans une scénographie belle et dépouillée pour laisser place, dans un voile de fumée avec des arrières fond sonores, au mystère du mythe oedipien.

La scénographie laisse apparaître un filet de fumée où se perdent une poubelle, un caisson et une lourde branche d’arbre qui s’appuie sur la scène. La première tragédie de Voltaire, écrite à 19 ans, mise en scène par Jean-Claude Seguin voit apparaître sur scène Philoctète, prince d’Eubée, et Dimas son ami, l’un en face de l’autre. La pièce de Voltaire porte une touche différente de celle de Sophocle avec un focus sur l’amour de Philoctète pour Jocaste et des entrées de nouveaux personnages tels que Phorbas, l’ancien conseiller de Laïos ou encore Dimas. La pièce a eu un beau succès à son époque (1718) et la Comédie Française en avait même proposé une parodie burlesque avec « Œdipe travesti » (1719).

La Dame aux camélias

  • Du 7 janvier 2012 au 4 février 2012
  • Théâtre de l'Odéon - Paris

Dans une très belle mise et une jolie scénographie, les comédiens déploient un jeu truculent et corporel de toute beauté dans une « Dame aux camélias » revisitée. Le texte de Dumas rejoint ceux de Heiner Muller et Georges Bataille où Frank Castorf met en scène les thèmes intemporels du sexe, de l’amour et de l’argent.

Le rideau découvre un intérieur avec une cuisine côté cour, un cabinet de toilette côté jardin et une chambre au milieu. Au-dessus, un poulailler dans laquelle Claire Sermonne dans le rôle de Marguerite Gautier s’épanche. Les pulsions, autant sexuelles qu’organiques, au travers du lit et du cabinet de toilette, en font foi. La mesure est donnée dès le début avec un jeu remarquable des comédiens autant dans l’aspect corporel que vocal. Les corps, les voix, l’élocution, les émotions, les sentiments, tout est à fleur de peau, et ce dans la violence pulsionnelle de réactions parfois abruptes. Les comédiens sont superbes dans des répliques déclamées, des propos hurlés, des cris jetés ou dans des émotions plus sereines ou plus émotives. Le corps est central. Ici, on se bouscule, on s’empoigne, on hurle, on crie, on chante, on plaint et on pleure.

Salle d’attente

  • Du 7 janvier 2012 au 4 février 2012
  • Théâtre de la Colline - Paris

Dans la mise en scène de Krystian Lupa conjuguant la violence du désespoir avec une belle poésie scénographique, les comédiens déploient un jeu de qualité fait de truculence où la marginalité est visitée crûment dans sa nudité.

Un hangar nettoyé de graffitis et d’inscriptions, une table au milieu et deux personnages plongent dans les tourments de la drogue une aiguille à la main. Plus loin, des toilettes sales avec graffitis et salissures habillent les murs et deux autres personnages plongent dans les mêmes tourments de la drogue avec le même procédé.

La scénographie et l’atmosphère sont plantées, une atmosphère faite à la fois de tension et de violence, de peur et de rage. Les paradis artificiels ne sont jamais très loin du gouffre, un gouffre mis en lumière par Krystian Lupa dans une superbe scénographie. Lupa, au carrefour de la drogue et du désespoir, présente le monde de la marginalité dans une mise en scène crue dans son approche mêlant la vidéo et le jeu scénique. Au-dessus de la scène, deux écrans projettent ce qui se déroule sur scène, ou dans un autre lieu à un autre moment, par le(s) même(s) personnage(s). Cette superposition donne un regard décalé, complémentaire voire plus insistant au déroulé scénique. Ce rapport décalé donne une consistance, une épaisseur supplémentaire à la scène.