Py, dans une jolie traduction poétique d’Eschyle, décline une mise en scène où le jeu vocal et corporel des comédiens est de grande qualité. Le metteur en scène donne une direction politique à la pièce d’Eschyle en la revisitant sous le prisme de notre actualité.
Py remet cela. Il avait déjà monté une trilogie d’Eschyle en 2011 et depuis 5 ans, les pièces du tragique grec montent sur les planches de l’Odéon… vaste projet que celui de faire revivre sous les lambris d’un théâtre moderne les voix fugaces et profondes de nos aïeuls. On sait peu de chose sur le jeu grec, du moins sur celui du chœur qui reste encore une énigme. Eschyle a été le premier tragique grec à avoir composé des pièces en intégrant un deuxième personnage. Sophocle l’a accompagné d’un troisième personnage. On est aux origines du théâtre que Py habille de modernité dans la scénographie et les costumes, et dans le verbe eschylien, fait de jolies envolées lyriques et de répliques aux sons poétiques. L’histoire de Prométhée est ce titan qui a trompé Zeus par deux fois. Lors du partage de Mékoné, Prométhée était en charge de découper un bœuf à part égal entre dieux et humains et trompe Zeus qui choisit une part recouverte de graisse et d’os. Zeus se venge en refusant le feu aux hommes que Prométhée vole pour le donner aux humains. Zeus le punit en l’enchaînant sur un rocher, le foie offert à un aigle.
