• Le 18 Février 2012

Prométhée enchaîné

  • Du 14 février 2012 au 19 février 2012
  • Théâtre de l'Odéon - Paris

Py, dans une jolie traduction poétique d’Eschyle, décline une mise en scène où le jeu vocal et corporel des comédiens est de grande qualité. Le metteur en scène donne une direction politique à la pièce d’Eschyle en la revisitant sous le prisme de notre actualité.

Py remet cela. Il avait déjà monté une trilogie d’Eschyle en 2011 et depuis 5 ans, les pièces du tragique grec montent sur les planches de l’Odéon… vaste projet que celui de faire revivre sous les lambris d’un théâtre moderne les voix fugaces et profondes de nos aïeuls. On sait peu de chose sur le jeu grec, du moins sur celui du chœur qui reste encore une énigme. Eschyle a été le premier tragique grec à avoir composé des pièces en intégrant un deuxième personnage. Sophocle l’a accompagné d’un troisième personnage. On est aux origines du théâtre que Py habille de modernité dans la scénographie et les costumes, et dans le verbe eschylien, fait de jolies envolées lyriques et de répliques aux sons poétiques. L’histoire de Prométhée est ce titan qui a trompé Zeus par deux fois. Lors du partage de Mékoné, Prométhée était en charge de découper un bœuf à part égal entre dieux et humains et trompe Zeus qui choisit une part recouverte de graisse et d’os. Zeus se venge en refusant le feu aux hommes que Prométhée vole pour le donner aux humains. Zeus le punit en l’enchaînant sur un rocher, le foie offert à un aigle.

Oedipe

  • Du 18 janvier 2012 au 4 mars 2012
  • Théâtre Lucernaire - Paris

La mise en scène de Jean-Claude Seguin donne une belle allure au texte de Voltaire qui est joué avec talent par les comédiens. L’élocution, déclamée élégamment, et les alexandrins sont bien ciselés dans une scénographie belle et dépouillée pour laisser place, dans un voile de fumée avec des arrières fond sonores, au mystère du mythe oedipien.

La scénographie laisse apparaître un filet de fumée où se perdent une poubelle, un caisson et une lourde branche d’arbre qui s’appuie sur la scène. La première tragédie de Voltaire, écrite à 19 ans, mise en scène par Jean-Claude Seguin voit apparaître sur scène Philoctète, prince d’Eubée, et Dimas son ami, l’un en face de l’autre. La pièce de Voltaire porte une touche différente de celle de Sophocle avec un focus sur l’amour de Philoctète pour Jocaste et des entrées de nouveaux personnages tels que Phorbas, l’ancien conseiller de Laïos ou encore Dimas. La pièce a eu un beau succès à son époque (1718) et la Comédie Française en avait même proposé une parodie burlesque avec « Œdipe travesti » (1719).