La bande de Sir John Falstaff a investi la Comédie Française pour une série de représentations jusqu’au mois de mai prochain. Parue en 1602, cette comédie de Shakespeare est actuellement présente sur les planches de ce théâtre national.
Sir John Falstaff a choisi de courtiser à Windsor deux bourgeoises pour le moins joyeuses Dame Lepage et Dame Duflot. Mais les intentions de Sir Falstaff ne sont pas entièrement désintéressées car ces deux femmes disposent des cordons de la bourse de leurs ménages respectifs. Pour ce faire, il leur envoie deux lettres d’amour avec des signatures différentes. Mais ce subterfuge très grossier est rapidement mis à jour par ces deux protagonistes. Elles décident de donner alors une leçon au gros séducteur maladroit.
Le spectacle s’ouvre sur un décor de tavernes qui rappelle celles conçues au XVIe siècle. Les convives, réunis autour d’une grande tablée, se livrent à la lueur des bougies à des facéties et autres exercices comiques. Cette bonne humeur, qui se veut de bon ton, tente de nous plonger dans l’atmosphère des tavernes de cette époque. Les plaisanteries qui fusent et les chansons sont poussives et manquent cruellement de caractère.
Les comédiens au nombre d’une vingtaine s’emploient à donner à cette pièce ses lettres de noblesse en y incorporant quelques accès de modernité dont Andrés Lima nous gratifie au passage. Les illustrations de chansons issues du répertoire « pop » anglais mais dont certaines paroles sont traduites en français telles que «I can get no satisfaction» des Rolling Stones qui soulignent la frustration des bourgeois puritains. La mise en scène parait émaillée d’astuces propres à surprendre le public. Les scènes de groupe, paradoxalement sont peu vivantes. Ce qui ne permet pas à la pièce de décoller.
De ces jeux de dupes dont Sir Falstaff est le héros malheureux, cette pièce serait, selon la légende, le prolongement attendu de la reine Elizabeth de découvrir un Falstaff amoureux, à la suite de la pièce historique « Henri IV ». Cette pièce souligne une société de l époque où Windsor n’est plus le centre du monde avec une cohorte de chômeurs qui hantent les tavernes. Considéré comme un véritable défi à la traduction, les joyeuses commères de Windsor comportent diverses langues (flamand, français, italien, gallois…) et divers accents anglais. La réalisation est décevante et les accents trop marqués, voire caricaturés nous empêchent de sentir cette richesse de mots propres à cette pièce. Ce spectacle est également la rencontre du puritanisme bourgeois de l’époque incarné par ces commères et de l’épicurisme.
Les prestations des comédiens sont également inégales. Christian Hecq noye son personnage dans des attitudes de Louis de Funès. Bruno Raffaelli assure un personnage assez convaincant mettant de la truculence à son personnage. Cecile Brune et Catherine Sauval tirent leur épingle du jeu. De cette mise en scène, surnage un fouillis qui réduit l’ambition de cette pièce.
Journaliste : Laurent Schteiner
Les joyeuses commères de Windsor de William Shakespeare
Mise en scène d’Andrés Lima
Crédits photo : Cosimo Mirco Magliocca
Avec
Gérard Giroudon : Filou et Rugby (en alternance)
Claude Mathieu : Madame Pétule
Gregory Gadepois : Messire Hugues Evans (en alternance)
Catherine Sauval : Madame Duflot
Andrzej Seweryn : Docteur Caïus
Cécile Brune : Madame Lepage
Bruno Raffaelli : Sir John Falstaff
Christian Blanc : Filou et Rugby (en alternance)
Alexandre Pavloff : Maigreux
Cécile Samie : Simplette
Loïc Corbery : fenton (en alternance)
Christian Cloarec : Falot
Bakary Sangaré : l’aubergiste
Pierre Louis Calixte : Pistolet (en alternance)
Serge Bagdassarian : M. Lepage
Benjamin Jungers : Robin (en alternance)
Stéphane Varupenne : l’aubergiste (en alternance)
Adrien Gamba- Gontard : Robin (en alternance)
Gilles David : Bardolph
Christian Hecq : M. Duflot
Gorgia Scalliet : Anne Lepage
Pierre Niney : Fenton (en altenance)
Jérémy Lopez : Pistolet (en alternance)
Comedie Française
Plave Colette
75001 Paris
