C’est en 2008, au théâtre du Crève-cœur à Genève que la pièce de Thierry Debroux, Mademoiselle Frankenstein a été présentée pour la première fois. Dramaturge, comédien et metteur en scène Belge, Thierry Debroux est actuellement l’un des auteurs les plus joués dans son pays. Récompensé par de nombreux prix, il est l’auteur d’une vingtaine de textes.
C’est une histoire troublante qui lie l’auteur à l’histoire de Mary Shelley. D’abord parce que, comme il le dit lui-même, il « aime les secrets », Thierry Debroux a eu envie d’écrire sur cette jeune femme qui donna naissance à l’un des plus monstrueux personnages de la littérature. Pourquoi et comment une jeune fille de bonne famille a-t-elle pu imaginer une telle horreur? Car Mary avait à peine 19 ans lorsqu’elle inventa le personnage de Frankenstein. Son roman d’épouvante balaya alors tous les tabous de l’époque.
Plus il s’aventurait à la rencontre de Mary Shelley, plus les coïncidences se firent troublantes. Par un soir d’orage 1816, dans la villa Diodati à Genève, Mary Shelley, Byron, Percy Shelley et le docteur Polidori décidèrent, pour passer le temps, de composer chacun une histoire à « faire dresser les cheveux sur la tête ». C’est ainsi que Mary eut l’idée de son Frankenstein.
Alors qu’il vient de finir l’écriture de sa pièce, Thierry Debroux croise le chemin du théâtre du Crève-cœur. Celui-ci est situé à 100 mètres à peine de la Villa Diodati. Autre coïncidence, Thierry Debroux commence l’écriture de sa pièce un 16 juin, jour où Mary Shelley eu la vision qui lui fit écrire son roman d’épouvante. Quand il envoie son manuscrit à Genève, nous sommes le 30 août, date de la naissance de Mary. L’auteur s’interroge et s’en amuse.
Mademoiselle Frankenstein tente de percer les motivations profondes de Mary Shelley et les origines de son inspiration. Dans un huit clos angoissant, Thierry Debroux imagine un face à face haletant entre la romancière et le personnage fictif de Lazarro Spallanzani obsédé par la figure de Frankenstein et par sa créatrice. Dans la cave de la villa Diodati, 10 ans après la parution du roman, Mary Shelley se retrouve confrontée à son passé et à ses peurs les plus anciennes. Tous les malheurs qui ont jalonné son existence ont-ils un lien avec la naissance du monstre? La volonté de ressusciter nos morts et de donner la vie de façon expérimentale n’est-elle encore qu’un fantasme ou la réalité a-t-elle déjà dépassé la fiction?
La mise en scène épurée de Georges Guerreiro offre un bel écrin à Aline Gampert et Frédéric Landenberg. Il est rare que la première phrase d’une pièce, que le tout premier mot lancé, à peine les lumières éteintes soit si juste, qu’on ait l’impression d’être là depuis longtemps, de glisser d’un monde à l’autre sans heurt. C’est un très beau travail de comédiens. Ils incarnent avec beaucoup de justesse ces deux âmes tortueuses prises au piège avec leurs propres démons.
Si vous voulez rencontrer Marie Shelley et découvrir les origines de l’un des derniers grands mythes de l’humanité, grimpez au Paradis du Lucernaire. Jusqu’au 23 avril.
Chroniqueuse: Alice Dubois
Crédit photo: Loris Von Siebenthal
Melle Frankenstein
De Thierry Debroux
Mise en scène de Georges Guerreiro
Avec Aline Gampert et Frédéric Landenberg
Théâtre Le Lucernaire
53 rue Notre-Dame des champs, 75006 Paris
Réservations au 01 45 44 57 34
Du mardi au samedi à 19h.
Les 10, 15, 16, 17 et 18 mars: 2 invitations pour deux personnes par soir.
Confirmation indispensable auprès du théâtre en indiquant le jour de votre choix.



Quelle magnifique interprétation de ces deux acteurs, nous suivons l’intrigue, cheminant entre mythe et réalité. Deux personnages emprisonnés dans le carcan de leur créateur, cherchent une libération à leurs âmes perdues. A la fois différents et tellement semblables dans leus souffrance et leur humanité qu’ils nous rappellent un peu la légende de la Belle et la Bête
A voir pour la beauté et l’émotion du texte
ca vaut vraiment le coup de monter au paradis pour voir cette très très belle pièce !!!…
tout est subtilement mis en valeur : l’ombre et la lumière, les orphelins, la solitude, l’amour et l’amitié, l’éloquence,l’éducation, l’injustice, l’innocence,la monstruosité, la science et la conscience , l’apparence et les préjugés ,la condition de la femme, les paysages et les humeurs,les risques et les progrès….
les comédiens sont excellents !
bravo !!!
ps : un petit clin d’oeil à l’ouvreuse très sympathique, plein d’humour et de gaité !…
Magnifique moment, tout y est : des dialogues subtils, des comédiens merveilleux de justesse, un contenu amenant à la réflexion, une atmosphère équilibrée dans laquelle on rentre dés les premières seconde …. vraiment, impossible de ressortir sans émotion ! Merci beaucoup pour cette représentation !