Les amoureux

  • Du 29 février 2012 au 31 mai 2012
  • Aktéon théâtre - Paris

Une jeune troupe, fraîche et talentueuse, déploie un jeu de très belle qualité dans la pièce de Goldoni. La Commedia dell’arte a fait quelques peu ses malles sur les costumes mais a gardé tout son rythme et son jeu corporel dans une mise en scène où le comique déploie ses gammes. C’est un Goldoni bousculé mais au combien respecté.


Le spectacle démarre sur les chapeaux de roue. Dès les premières répliques, les comédiens incarnent avec dynamisme et entrain leurs rôles dans une pièce, au demeurant fort comique, de Goldoni. Le comique est serti dans la trame et dans la mise en scène de Julien Delbès. L’histoire est entre Eugénie et Fulgence qui veulent se marier mais leurs relations, faites de soubresauts et de disputes jalouses, devient un handicap à leur amour. De natures très égocentriques, chacun devient source de suspicion et de disputes de l’autre.


Le jeu est rythmé et relevé, fait d’un beau dynamisme. Les comédiens adoptent une approche verbale et corporelle de très belle tenue. Le théâtre de Goldoni a perdu son masque, ses costumes d’époque mais pour autant, le jeu n’en mord pas la poussière. Le jeu corporel est de qualité avec des comédiens jouant de leur corps comme d’un instrument avec lequel ils s’amusent. Grimaces, colères, surprises, jalousie, le corps et les visages sont en mouvement et prennent le relais du Verbe.


La mise en scène a adopté une approche très moderne de la pièce. Julie Delbès fait des clins d’œil avec la musique ou la modernité technique, modernité que l’on retrouve dans les costumes. De couleurs vives, bleu, rouge, blanc, violet, elles sont unies pour chacun des costumes comme le jeu des comédiens qui est d’une seule traite. Le jeu n’est pas fait de légèreté et de subtilité, qui ne sied guère à la Commedia dell’arte mais d’un trait franc, massif, corporel faisant une grande place aux mimiques, surprises, joie ou déception avec des cassures de jeu qui apparaissent de façon linéaire et progressive dans chacune des scènes. La mise en scène s’est axée sur une approche décalée des attitudes et des postures. Entre chaque scène, une musique moderne, disco ou soul, permet de faire quelques coupures de jeu dans laquelle les comédiens s’emploient à danser de façon comique.


Toutes les scènes ont pour terreau l’humour et l’amour. Un amour acariâtre, parfois vache, souvent contrarié pour au moins l’une des deux parties, voire les deux. Les mines sont effarouchées, surprises, feintes, marquées. Rien n’est dans la tiédeur. Le corps parle autant que le verbe. Ici on rit aux éclats, là, on grimace de peur. Les postures sont bien marquées, la gestuelle bien ordonnée, toute une dynamique du mouvement s’empare des comédiens pour la restituer avec humour et parfois grâce. Les comédiens s’emploient avec talent à rendre Goldoni moderne. Toutefois, la dernière scène finit par une danse des comédiens, comme s’ils étaient dans une boite, qui ne s’imposait pas dans la mise en scène.


Le spectacle est beau dans son jeu et sa dynamique et les comédiens s’emploient avec talent à rendre Goldoni moderne.


Chroniqueur : Safidine Alouache


“Les amoureux”

De Carlo Goldoni

Traduction de Norbert Jonard


Mise en scène : Julien Delbès


Avec Montassar Alaya, Claire Bosse-Platière, Marianne Caillet, Adrien Guitton, Amandine Piot, Julien Rouvière, Mathias Zakhar


Aktéon théâtre

11 rue Général Blaise

75011 Paris

Réservations : 01 43 38 74 62


Plein tarif : 16€

Tarif réduit : 10€

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