Comment ne pas bousiller son couple en montant une armoire suédoise ?
Tel est le thème original de la pièce de Thomas Walch, Rita on l’aime ou on la quitte.
Le rideau s’ouvre sur un jour pas comme les autres. Jean et Rita ont acheté une armoire et sont bien décidés à la monter.
Ici, la séance de bricolage expose les personnages, les fragilise, révèle leur personnalité jusqu’à les rendre fous. S’agit-il de bout de bois à assembler ou de bouts de soi à encastrer ?
Rita, jeune femme fragile est folle de son Jean. Et avec cette grande armoire au nom évocateur de Romantica elle compte bien vivre enfin une vraie vie de couple. Car Rita veut du concret. Elle y tient. Et tant pis si Jean boit trop. Tant pis si Jean a mordu son chien tant aimé. Parce que Rita croit en l’amour et aujourd’hui elle aimerait qu’avec cette armoire sa vie enfin commence.
Mais face a cette armoire trop grande à monter soi même avec des outils trop petits, Jean sent ses doigts gonfler et sa colère aussi. Car Jean n’est pas dupe. Comme il le dit si bien : « Quand un couple se balade dans les rayons d’Ikea, c’est qu’il vient de faire l’amour ». Pour lui, les fabricants de meubles parient sur le désamour pour faire fortune. A chaque nouvelle histoire, une nouvelle armoire. Mais Rita n’est pas de cet avis et veut y croire. Malgré la présence de Suzy, la bonne copine qui tente désespérément de comprendre la notice, la tension monte et Rita frappe.
Autour de ce meuble posé au sol, tout s’effondre. Et Jean aussi.
Sur la scène du théâtre Clavel, une armoire taille XXL nous dévoile alors ses souvenirs et ses fantasmes. Nous voyageons dans les méandres de ses pensées et remontons dans le temps jusqu’à la première rencontre. Dans chaque tiroir, un bout de vie. Les personnages se découvrent plus subtiles qu’on ne les imaginait.
Sujet générationnel, c’est aussi l’histoire de deux individus qui se rencontrent sur Internet et qui transposent sur l’autre tout ce que la vie ne leur a pas donné. La chute n’en est que plus douloureuse.
L’énergie des comédiens nous emmène dans un tourbillonnant voyage sur les rapports amoureux, sur l’amour d’aujourd’hui, sur la peur de la solitude et des engagements.
Une jolie pièce, bien moins légère qu’il n’y paraît.
Crédit photos: Christophe Castejon
Journaliste: Alice Dubois
Ecriture: Thomas Walch
Mise en scène: Samuel Forst
Avec : Thomas Walch, Caroline Anglade ou Ariane Mourier, Inès Guiollot.
Musicien: Olivier Lasson
Du 22 juin au 31 juillet 2010 – Du mardi au samedi à 20h
Tarif : 18 euros / réduit 10 euros
Théâtre Clavel , 3 rue Clavel, 75019 Paris – M° Pyrénées.
Tel : 09 79 39 93 93

